Les chemins de Saint-Jisse

Adaptation

03:21, 14/06/2008 .. 2 commentaires .. Lien
Attention, les jeunes, ma confiance s'étiole. L'Irlande a rejeté le traité de Lisbonne. Très bien. Comme les Hollandais et les Français l'avaient fait avant eux au sujet du projet de Constitution dont il est issu. Et comme eux, ils n'ont pas choisi, préférant s'opposer, dénoncer, en un mot sanctionner les responsables européens. Loin de moi l'idée que ce traité est la panacée, c'est d'ailleurs admis par une immense majorité, mais qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on veut ? Pasqu'un moment dire qu'on est "pour l'Europe, mais pas celle-ci", ça ne sert à rien. On a beau jeu de refuser ce qu'on nous propose mais on oublie un peu vite qu'on vit en démocratie, et donc par définition, c'est nous, le peuple, qui gouvernons. Alors si on n'est pas content, allons-y, proposons autre chose. Et commençons par nous impliquer dans la vie politique. C'est trop facile de critiquer et de ne rien faire. Si les propositions émanant de la classe dirigeante, encore une fois élue, ne sont pas bonnes, c'est peut-être qu'on ne peut pas faire mieux, je veux dire 1- à la vue des circonstances et des paramètres agrégés et 2- simplement en regard de la capacité du genre humain à s'organiser. Et je ne reviens pas sur la faillite du peuple à choisir ses représentants, quand on voit le connard qu'on a élu en France et que le même peuple ne lui accorde plus sa confiance moins d'un an après... Mais d'abord, se peut-il que l'on élise un candidat selon des critères rationnels ? Non, pasque l'Homme n'est justement pas rationnel. On va élire untel pasqu'il a une grande gueule et qu'il est populiste et après on va le dénoncer pasqu'il est incapable. Et de même pouvons-nous raisonnablement juger de la capacité d'un dirigeant ? Alors bien sûr, il ne fait pas ce qu'il dit, mais, hè, fallait s'en apercevoir avant, les jeunes... Et bien sûr, la plupart des hommes politiques fait des propositions intenables. Tout simplement pasque c'est la seule façon d'être élu, pasque le peuple agrégé est suffisamment con pour les croire. C'est du marketing. C'est la démocratie. C'est comme ça que ça fonctionne. C'est "le pire des régimes politiques à l'exception de tous les autres" pasque justement, on n'en a pas trouvé de meilleur. Et si toi, tu as une idée, vas-y, propose, be my guest, le monde entier t'en sera reconnaissant. En attendant, il faut faire avec ce que l'on a. Et ne pas choisir, c'est faire un choix. Alors si on ne veut pas de "cette" Europe, qu'on la quitte (oh merde me v'la nationaliste européen). Et franchement, je ne suis pas contre cette idée. Visiblement le peuple européen dans sa majorité rejette cette Europe, alors, très bien, arrêtons tout. Et que les partisans du non proposent quelque chose. Bien sûr, tout le monde sait que c'est impossible tant leurs différences entre eux sont encore plus grandes. En fait, le vrai problème, il est ailleurs. Maintenant que pour la plupart, on a assuré nos besoins les plus primaires, on se met à réfléchir sur notre mode de vie, sur notre bonheur et donc sur notre identité. Car c'est sur elle que ton repose. Le fameux "qui suis-je ?". Le besoin de se reconnaître qui, ne pouvant venir que des autres, je renvoie à l'argumentation de je ne sais plus quel philosophe sur le "on ne se connaît qu'à travers les autres", nous impose de construire quelque chose avec cet "autre". Pour qu'il nous renvoie notre image. Et comme cet autre est différent, il va falloir établir des règles pour qu'une communication s'instaure et qu'une vie commune soit possible. Tout le problème réside dans les compromis qu'on va devoir faire. On ne parle pas la même langue, on n'a pas les mêmes goûts, on ne pense pas pareille, oui, mais voilà, on a besoin de lui pour vivre en temps qu'être humain et non animal. Alors qu'est-ce qu'on est prêt à "lâcher" pour gagner en bonheur individuel ? Et le problème se pose à toutes les échelles. Par exemple, au fil du temps, notre identité personnelle, plutôt constante, s'éloigne régulièrement de celle de la société qui, elle, est en constante évolution, et nous pousse vers un conservatisme (le fameux vote à droite des vieux). Peut-être vaudrait-il mieux évoluer avec tout le monde et ainsi bénéficier pleinement des autres ? Au niveau européen, c'est "qu'est-que je suis prêt à lâcher, moi, Français, de mes habitudes pour vivre dans un espace pacifique et prospère ?". Sachant bien sûr que cette construction va se faire selon le plus grand dénominateur commun, et donc, si dans le lot des trucs qu'on perd, ya des choses hyper-importantes pour moi, je vais m'opposer. Vue la diversité des peuples européens, avouons-le, on est mal barré pour arriver à quelque chose de concrèt. Cela dit, les motivations sont différentes en chacun de nous, et, généralisons, pour chaque pays. Alors que la France, et peut-être même moi, s'oppose à la disparition du fromage au lait cru, des pays, ceux de l'est pour ne pas les nommer, perdent des pans de leur culture beaucoup plus importantes sans toutefois entraver le processus (soit, il y a d'autres raisons, comme leur importance en termes de population). Bref, quelle Europe ? Est-on arrivé à un point où plus aucune mise en commun n'est possible à moins de mettre en péril l'identité de chacun des pays ? En cela appuyé par le double effet de l'élévation du niveau de vie, donc une capacité amoindrie à faire des compromis, et de cette fameuse "mondialisation" dont parlent avec tant de talent nos compétents médias, ou homogénéisation des cultures qui nous pousse à défendre notre identité individuelle ? Pour finir, je vais faire un parallèle avec la Fondation Chirac. Moi, la diversité des cultures, je suis pour à deux mille pourcents. C'est biologique, plus on procrée avec une personne différente, plus le résultat est optimal ; bon, il s'agit, ici, d'adaptation à son milieu et il faut voir ça sur plusieurs générations et sur une grande population (c'est d'ailleurs pour ça que ça fait 9 mois - tiens - que je suis en Europe, je teste les différentes combinaisons génômiques sur lesquelles le brassage inter-chromosomique pourra s'exprimer au mieux). Donc je suis pour. Mais j'ai lu aussi qu'ils allaient défendre les langues en voie de disparition, comme celle parlée par 8 personnes je sais plus où dans l'océan pacifique. Et je me suis longtemps interrogé sur pourquoi ça me gênait. Les langues, je kiffe. A donf'. Seulement voilà on ne peut pas toutes les apprendre. Or pour connaître quelqu'un il faut avant tout parler avec lui. Ainsi, plus il y a de langues différentes et plus c'est dur d'appréhender les autres cultures. Curieux paradoxe, non ? Surtout que d'aucuns confondent souvent les deux (et je ne dis pas que l'une est n'est pas inclue dans l'autre). Alors bien sûr je préconise l'apprentissage des langues, mais honnêtement une langue parlée par 8 individus, tout le monde s'en fout, non ? En fait, non, c'est pas vrai. C'est pas ça, le problème. C'est le coût d'opportunité. On a mieux à faire, avec les mêmes ressources, qu'à la perserver. Ca fait partie de la vie, des espèces meurent tous les jours, d'autres apparaissent plus évoluées, plus adaptées. C'est comme ça qu'est apparu l'Homme, c'est pour ça qu'on est aujourd'hui en vie. Ca s'appelle l'adaptation, et c'est l'antithèse de toute forme de conservatisme.
Ajouter un commentaire

sur les murs de Bruxelles

05:57, 14/06/2008 .. Publié par Anonymous
lu à côté du GB :
l'adaptation est une forme de dépendance

Ecureil

06:04, 24/06/2008 .. Publié par Kevin
Désolé je rattrape un mois de retard là.

ça me fait penser à l'écureil à trois pattes cette diatribe. J'ai bon ou pas?
Faut me dire si j'ai toujours pas compris.

Allez, on se retrouve à l'UGC le mois prochain pour Regeneration. Le seul film que tu verras cette année.

{ Page précédente } { Page 7 sur 79 } { Page suivante }

Qui suis-je ?

Accueil
Qui suis-je ?
Archives
Amis
Album photos

Liens

Skiso
One
Annee sommetique

Rubriques


Derniers articles

Souvenirs de victoire
Un jour en France
Paslédnié vétcher
On y est
Encore une vie

Amis