Les chemins de Saint-Jisse | |
Plein sud
02:26, 30/07/2007
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Kozloduy, le 25/07 So fucked up to write anything. Do it tomorrow. Oryahovo, le 26/07 Heureusement qu'aujourd'hui, il ne s'est pas passe grand'chose pasqu'hier fut epuisant. Je devais rejoindre Kozloduy en faisant un stop intermediaire a Dolni ciber. Je pris donc un premier bus pour cette bourgade des annees 30, non des annees 45 pasque tout ce que je vois, des maisons abandonnees, des batiments desaffectes (j'ai reconnu une ancienne mosquee dans ces nombreuses ruines grace a son minaret par miracle encore debout), et des fermes en piteux etat, tout ceci est un vrai spectacle d'apres-guerre. Je fis ma sieste d'apres-petit-dej a l'ombre d'un chataigner (non. je deconne, j'en sais rien du tout), au bord d'un etincellant Danube et de ces incessants va-et-vients de charrettes transportant a tour de role fumier, ferraille et enfants. Puis attendis mon second bus. 10 mn, 20 mn, une demi-heure. Quand je pris conscience qu'il ne viendrait pas pour une raison, je pense, toute bulgare, je demandai quand etait le prochain et on me repondit dans une heure puis une heure et demi. Soit, j'attendrai. Ce qui m'embetait, c'est qu'un mome avait decide de me suivre partout pour me soutirer qq stotinkis, il semblait egalemant fort interesse par le contenu de mes sacs. La premiere fois, ce fut a Vidin, c'est toujours terriblement perturbant. L'attente me permit aussi de parler avec un vieux desabuse buvant une biere, une factrice en colere par les 50 levas qu'elle gagnait par mois et un groupe de jeunes oisifs avec de tous nouveaux portables. Comme dit mon pere, ils feraient mieux de s'acheter a manger, comme si l'homme etait rationnel... Enfin, les tziganes, ils n'ont de portables que ceux qu'ils trouvent dans les poubelles. Quand l'heure du bus arriva, on m'apprit qu'il s'agissait en fait de celui pour Lom et qu'il me fallait attendre encore deux heures. Ca suffisait, j'avais 20 bornes a faire avant le prochain village, il etait midi au soleil, mais je n'en pouvais plus, j'avais l'impression que si je restais la j'allais me faire bouffer par les habitants. A cet instant, ouvrons une parenthese et remontons encore un jour en arriere. En sortant du cybercafe l'autre soir, il faisait si chaud que j'avais l'impression d'etre dans un sauna, plus tard, nu sur mon lit, l'air me comprimait tellement que j'avais la reelle impression d'etre habille. Il a fait plus de 43 degres, des records de chaleur sont tombes partout dans le pays, sale temps pour un yaourth. Mais le lendemain, hier donc, on avait perdu 10 degres, c'est pourquoi une marche au soleil etait encore possible. La premiere voiture refusant de me prendre en stop fut celle d'un policier, je me dis, quand meme, c'est du service public apres tout. Seulement, je me rappellai ensuite que l'autostop etait officiellement interdit en Bulgarie et donc je pouvais m'estimer heureux de ne pas avoir eu a debourser le reste de mes levas. 4 km plus loin, un bulgare-turc, ou l'inverse, qui travaillait a Rennes accepta de me conduire a Kozloduy, sauf qu'avec mon accord, il me deposa a l'hotel 3 etoiles en bordure du Danube, et apres avoir ete confirme que celui-ci etait trop cher pour moi, je dus parcourrir les 6 km me separant du centre-ville. Dont les 3/4 en ligne droite. Impressionnant. Enfin, j'atterris dans le meilleur hotel qu'il m'a ete donne de frequenter et vis Rasmussen prendre pres d'une minute au deuxieme en 1 km. Honnetement, la mort du tour, je l'attends depuis la periode Indurain. Ca fait 10 ans que qu'on sait qu'ils se dopent tous, ca fait 10 ans qu'on essaie de lutter contre ca. Le probleme est que c'est impossible de fixer une limite absolue entre ce qui est autorise et ce qui est interdit. Alors pourquoi pas imposer un taux d'hematocrite a 0.6 ou meme autorise completement le dopage ? Franchement, ce serait plus clair. La suite est a peine racontable, je fus aborde par 2 charmantes bulgares, elles avaient mon age, a elles deux, et je passai la soiree avec leur groupe de copains dont le plus sense ne savait meme pas qui etait le premier ministre. La premiere chose que je fis aujourd'hui est dormir une moitie de nuit puis j'observai le spectacle d'un chargement d'une barge par des camions se rendant en Roumanie, toujours sur l'autre rive du Danube. C'etait comme des playmobils s'animant tous seuls. PS : Joyeux anniversaire tata, a Civaux ou a Bagnolet, ceci vaut bien un Guignolet. Nikopol, le 27/07 Le seul hebergement de la ville, un grand hotel herite de l'aire communiste, est assez formidable. Outre une salle d'eau defraichie, les 25 m carres restant sont composes de deux lits, deux armoires sans cintre et deux tables sans chaise. Ca ressemble plus a une salle des fetes qu'a une chambre d'hotel, ca me donne envie d'inviter des potes et d'y orgqaniser une soiree. Question : comment font les chinois pour envoyer un mail ? Plus generalement, quelle est la gueule de leurs claviers ? Cela fait plus de deux semaines que la vue du Danube s'accompagne de celle de la Roumanie. Cette fois-ci le cadre est celui d'un complexe industriel ou sur un km se succedent immeubles, tours, grues, cheminees et poteaux electriques, le tout entre 50 et 100 m de hauteur, les constructions sont a moitie detruites ou desaffectees, et l'ensemble est noye dans une fumee jaune sombre se repartissant ensuite dans les environs au gre du vent. Tout a l'heure, une tres forte alarme y a retentit, signifiant peut-etre que la surete du lieu est aussi faible en reatlite qu'en apparence. Et des zones indiustrielles similaires, il en existe partout en Bulgarie, j'en ai longee une ce matin en bus sur des kilometres, et tout aussi vetuste. Et contrairement aux autres fois, le spectacle n'interesse pas que moi, tout le long de la rive bulgare, des gens s'arretent pour regarder ce monstre d'acier et de beton, juste qq minutes pour certains, parfois des heures entieres. Alors je les regarde regarder pendant surement qu'on me regarde. Quelle est la plus longue chaine humaine constituee de la sorte ? Peut-on en constituer une qui couvre la Terre entiere ? Allez, je trinque a la paix dans lemonde. Sur l'etat de delabrement de la Bulgarie, je pourrais ecrire des pages entieres, comme l'habitation qui ne semble constituer que de gris immeubles jamais renoves, les routes ou les trous paraissent plus importants que les portions lisses ou les etables a vaches composees de qq brins de paille en bordure des rues. Les descriptions de mon guide 2004 sont encore plus deprimantes, donc soit je suis moins exigeant, soit la situation s'ameliore. Ce qui me rend optimiste pour la Bulgarie mais pas pour mon voyage. Je ne vois en effet pas comment ca peut etre pire (enfin, j'essaie d'imaginer, pour l'instant, j'ai toujours eu de l'eau chaude), je vais cependant le decouvrir en Ukraine. 597 km, ca va vite. Ai-je besoin de l'expliquer ? Svichtov, le 28/07 Ville tres agreable sur une colline avec des places ombragees, si ce n'est que ma vision escomptee de la Bulgarie s'est realisee. Mon ami de 4 mois est accapare par un port aux hautes et jaunes grues ainsi que par une probable rationnelle et productive gare de marchandises. Je me suis contente de le contempler de loin, sur une terrasse, devant une tres bonne viande de porc pannee et ce qui me semble etre ma cinquantieme biere differente d'Europe de l'Est. Meme si maintenant ca commence a aller mieux, ma comprehension des bulgares est tres difficile. Car outre la langue, obstacle auquel je me suis tres vite habitue, le langage corporel des mes hotes quand il s'agit de dire oui ou non me surprend constamment. Et quand j'ai a l'esprit que leur hochement de tete signifie une negation, je ne peux m'empecher de balancer ma tete de droite a gauche ce qu'ils prennent pour une affirmation et annihile ainsi les 5 dernieres minutes d'efforts et de concentration. Et encore, il faut differencier le 'oui, le train part a 8 heures' du 'oui, je vous comprends' qui se mime comme ailleurs, ou savoir interpreter quand ton interlocuteur inverse ses habitudes pour t'aider. Sauf que dans ce cas, il se trompe souvent ou melange les deux signes en une espece de signe de croix qui signe ainsi la mort de toute communication. Derniere precision, ce sera le point le plus au sud de ce voyage. Une lattitude toulousaine et un paysage pre-desertique, moins geographiquement, ce serait exagerer, qu'historiquement, il parait que dans 100 ans, ce sera un desert. Je veux bien le croire. Rousse (enfin presque), le 29/07 Je me suis dit que la contree la plus meridionale du Danube vallait bien que j'y reste une journee de plus. Je m'etais trouve une petite pension pas chere apres l'hotel luxueux qui me permit de connaitre les nouvelles du monde. Seulement, ce matin, on m'annonce un prix double pasque je ne suis pas bulgare, pratique desormais illegale. Franchement, ca, je m'en fous, je trouve meme juste de faire payer plus cher les riches etrangers comme moi, et 10 euros, ca reste vraiment pas cher et pas loin de ce que je comptais laisser. Mais comme je suis con et libre, je deteste qu'on revienne sans raison sur une parole, j'ai gagne les environs de Rousse et cet ancien etablissement de vacances qui semble maintenant etre un hotel pour pauvres ouvriers. Vous savez, les films mettant en scene la chute d'une civilisation ou plutot ses vestiges des annes voire des siecles plus tard. Eh bien, ce lieu en est le parfait exemple. Des canoes abandonnes, une carcasse verte d'un camion des annees 70, une partie de l'hotel qui semble effondree, des photos en noir et blanc d'un passe prestigieux. Mais le pire est quand meme les chiottes a la turque, hors de question de les utiliser. Et la compagnie de ces ouvriers devant leur film violent. Ces milieux de travailleurs pauvres et durs me depriment. Leur association avec les clients aises de l'hotel trois etoiles qui se faisaient chier dans leurs cocktails et avec leur piscine, ou l'inverse, m'amene a penser qu'il faudrait forcer les gens a se cultiver et interdire les films inutilement violents ou pornographiques. Pas dans un esprit conservateur, mais dans un elan progressiste, histoire de s'elever, de se differencier davantage des animaux. Et oui, je globalise. Oui, peut-etre qu'apres avoir regarde je ne sais quel film sanglant sur Fox Crime, mon voisin va peindre un champs de coquelicots, ou le fier proprietaire du gros 4x4 (sic, bro) est le traducteur d'une encyclopedie bulgare sur les derives totalitaires des regimes centralises. Peu importe. On devrait tous rendre compte de notre erudition par des fiches de lecture, des traites historiques, des creations artistiques, je ne sais pas, mais quelque chose qui change d'une quittance de loyer, d'un certificat de naissance ou d'une preuve de recherhce d'emplois. A chaque ecoute d'une musique bulgare, c'est globalement le cas pour les autres pays slaves, j'ai l'impression d'entendre un chant pour un mort tant les voix me font penser a une longue plainte douloureuse. Ca merite de ma part une meilleure connaissance du sujet. Je vais entrer en Roumanie avec le desagreable a priori d'un pays sale. Et pas uniquement a cause de ce site industriel et de sa fumee jaune vu a Nikopol. Dans les annees 80, une usine de chlore roumaine pres de Rousse provoquait maladies et malformations chez les nouveaux-nes bulgares. En 2000, se produisit la plus grande catastrophe environnementale depuis Tchernobyl, du cyanure fut deverse dans le nord de la Roumanie contaminant ainsi la Tisa et le Danube et donc l'Ukraine, la Hongrie, la Serbie et la Bulgarie (oui, John, la pollution ne remonte pas une riviere). Decidemment, non, je ne pourrai pas partager ne serait-ce qu'un moment de vie avec des mendiants. Et pas uniquement pasque quand je leur sers la main, j'ai besoin de me la desinfecter de suite (cf Monk, je vous avais dit). J'aurai l'impression de mentir et de profiter d'eux. Avec le temps, notre Terre s'est divisee en pays, ce qui a la plus immediate consequence que l'on ne peut y circuler librement. Etait-ce necessaire que ca se passe comme ca ? Rousse, le 30/07 Not much. Ancienne plus grande ville de Bulgarie, on y retrouve les batiments neo-classiques colores de l'Europe de l'est. Une tres belle et vaste place ou si tu es cool tu fumes de l'herbe, des joints, du hash, 'fin j'ai jamais vraiment su la difference, normal, je n'ai pas de probleme personnel ayant trait a un manque de confiance ou une trop grande influencabilite. Pour me droguer, je tourne sur moi-meme pendant 30 secondes, c'est moins cher et moins nefaste. D'ailleurs ici, comme je suis cool, je suis cependant etonne que seulement une dizaine de personnes m'ait jusque-la considere comme une inspiration, si ce n'est un modele - il faut que je travaille mon marketing, euh, mon oral, ca a toujours ete mon point faible, n'est-ce-pas mesdamesmessieurs les pitoyables examinateurs qui m'ont attribue des notes indignes de ma personne - comme je suis cool, donc, tout le monde s'etonne que je ne fume pas et que je ne 'fume' pas non plus. La Bulgarie devrait etre un des derniers pays d'Europe a mettre en oeuvre l'interdiction de fumer dans les lieux publics, c'est impressionnant, tout le monde fume, partout et a tout age. By the way, Bro, rendez-vous le 1er fevrier 2008, et pour les represailles, ce ne sera plus V, mais F. Rousse, le 31/07 Marche se dit 'pazar', aise et pas bizarre, leurs marches sont des bazars. 4 mois, encore/plus que 495 km, j'ai bien bosse, faut pas se relacher. Dans la rue et surtout dans les clips pour les jeunes, les filles sont de moins en moins habillees, il y a comme une surenchere dans les vetements de plus en plus sexy et courts ainsi que dans le nombre de femmes presentes a l'ecran. Mais peut-on encore les appeler ainsi ? Exposees de la sorte, elles se rapprochent plus de l'animal ou de la chose. Et la plupart du temps elles entourent un homme confirmant que c'est son monde et qu'il a arrete d'en pleuvoir. Rousse, le 01/08 Miracle, il a plu. N'ayant pas vu le metro moscovite, je me contenterai de la gare ferroviere de Rousse, la premiere de Bulgarie construite vers 1870. Tutrakan, le 02/08 Sur un banc sans dossier au siege inegal mais presentant deux accoudoirs pour, d'une part, surelever mes pieds et, d'autre part, soutenir mon sac et constituer ainsi un douillet matelas pour mon buste, dans un parc desaffecte a l'herbe jaune mais a l'ombre d'un arbre en bordure du Danube, par une temperature chaude mais agreable, je me sens comme le roi du monde. Il faut dire qu'a 30 m de moi se situe la proue d'un navire, magnifique maquette a l'echelle 1/5 errigee sur un promontoire tres communiste. Quant a l'arbre, j'ai essaye vainement d'en connaitre le nom, je l'ai appele "erable aux petites feuilles", et pourquoi pas ? Il y en a bien qui s'entetent a parler une langue differente : les Croates face au serbe, les Ukrainiens face au russe (le bulgare semble en effet bien plus proche) dans une volonte d'affirmer une identite, et je dirais meme les Serbes face au russe. Derriere moi, se dresse un spectacle de bord de mer en saison basse, echopes fermees, batiments vides et rue deserte, alors que l'on est au milieu des vacances d'ete. A la consultation du calendrier des evenements, je me dis que j'ai tres mal choisi les dates pour mon voyage : je me suis presente dans les pays au climat civilise alors que les manifestations n'avaient pas encore commence, et j'arrive ici tandis qu'elles sont finies depuis un mois et ne reprennent qu'en septembre. Cela ne me preserve pas de me faire recaler d'un (mini-)bus bonde, c'etait rigolo de voir tout le monde me passer devant avec la complaisance du chauffeur, et ne m'empeche pas de me faire inviter a boire un coup, une mixtiure de schweepes, de vin et de ce que je crois etre de la rakia, leur fameuse gnole, ni de repartir ensuite avec deux grappes de raisin pleines de fourmis. Mon hote, comme d'ailleurs la plupart des personnes rencontrees, a redessine l'itineraire de mon voyage. Tout le monde aussi me dit de prendre des taxis. Quand est-ce-qu'ils vont compendre que je fais ce que je veux ? Serait-ce ca la vie, faire ce que les autres veulent ? Et anecdote revelatrice, je me pointe hier a la station de bus vers 4 heures moins le quart, je me fais bien sur intercepter par un chauffeur de taxi - Que voulez-vous ? - Les informations sur les bus. - Pour aller ou ? - A Tutrakan. - Le prochain part a 6 heures, venez, je vous emmene de suite (en fait, le prochain partait un quart d'heure apres, le coquin) - Non, c'est pour demain. Sur ce, il m'a laisse, je ne l'interessais plus. Sinon, c'est fatiguant ces villes bulgares le long du Danube, perchees sur des collines. Elles sont toujours en deux parties, haute et basse, et entre l'office de tourisme (ce qui est bien c'est qu'il y en a presque jamais), la gare routiere, les hebergements, les magasins et la vue sur le Danube, je dois me taper plusieurs fois la longue cote de deux kilometres. Putain de communistes. De meme que coexistent portables-lecteur mp3 et charrettes tractees par des chevaux, on peut voir et des numeros de telephone a 4 chiffres et des feux de signalisation avec le decompte des secondes. Il n'est pas rare de voir se succeder ferme tres ancienne ave poules et cochons, hotel-restaurant tout neuf et barre grise de 30 etages. Le tout domine par une tour de television et surplombant le Danube, ca donne un spectacle qu'aucun appareil-photo ne peut capturer, mais qui vaut largement le deplaement. Globalement, c'est plutot un voyage dans le passe, non seulement par le niveau de vie, mais aussi par les infrastructures delaissees : dans chaque batiment abandonne, derriere chaque porte se cachent vieilles cartes, anciens velos ou materiel utilise en France il y a 30 ans. Silistra, le 03/08 Le voyage en bus meriterait une nouvelle a lui tout seul. Je suis tombe sur le meme conducteur qui m'avait refuse hier, autant dire qu'il n'etait pas tres heureux de me retrouver. Comme il restait qq places, et meme s'il feignait de ne pas me voir, il ne pouvait pas faire autrement que de me laiser monter. Ensuite, tellement de personnes sont montees que l'on a fini a 5 debout, enfin courbes comme dans le demi-etage de "Being John Malkovitch". Chaque arret etait une aventure puisque les personnes a l'interieur restaient pres de la sortie (comme dans le metro parisien) empechant ainsi les autres d'entrer, et peu importait que ce soit une vieille dame qui montait dans le bus, elle n'avait qu'a rester debout, son metre quarante ne la genait en effet pas trop. Il faut dire que certains etaient handicapes et que le camion avait l'habitude de demarrer meme si tout le monde n'etait pas installe. Entre la defiance face au chauffeur et la cohabitation forcee des passagers, il regnait une indescriptible atmosphere. Et le "bus" n'hesitait pas a doubler des poids lourds alors qu'il roulait a peine plus vite, qu'il n'avait que peu de puissance, qu'il etait ultra-charge, que la route etait couverte de nids de poule et que notre chauffeur ne voyait pas toujours les vehiculents venant en face. J'ai egalement apprecier le chiffon pose sur le tableau de bord poussiereux que notre sympathique hote utilisait pour s'essuyer le visage. Et encore, il ne faisait que 30 degres dehors, je n'ose m'imaginer le meme trajet par 10 degres de plus, peut-etre que la vieille serait morte, ce qui aurait fait une place supplementaire. Silistra representait pour moi comme le debut de la fin de mon voyage, c'est toujours un peu le cas. Aussi majestueuses que le Danube sont les peniches le remontant. De veritables vaisseaux dans l'espace, et pas n'importe lesquels, des stardestroyers avec baie de commandement et soutes bien chargees. C'est devant un coucher de soleil au milieu des ruines du camp romain Durostorum (enieme defense danubienne de l'Empire romain) que je dis au revoir a la Bulgarie. Mention assez bien. Dans l'ensemble, je suis decu, mais il etait difficile de passer apres la Serbie. Je persiste. Ne me dites pas qu'on pourra eviter les milliers de mort chaque annee a l'epoque de la moisson en preservant 12 et demi fuligules nyrocas ou 1 metre carre de tulipes splendides. Plus on est et plus on a besoin de place, et comme on ne vit plus comme des neandertaliens, il faut un environnement isole de l'eau, du froid et du soleil, un environnement humain qui s'oppose ici a naturel. Et s'il faut couper des roseaux et ainsi perturber l'habitat de poissons, d'oiseaux et d'insectes pour construire des digues et canaliser les fleuves, n'hesitons pas une seconde. Il ne s'agit pas ici de vivre "bio", mais de survivre, simplement survivre. 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