Les chemins de Saint-Jisse | |
Parfum d´Asie
04:18, 15/05/2007
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Hamuliakovo, le 13/05
A 15 km au sud de Bratislava, en face de la frontiere Slovaquo-Hongroise et au debut du Mosoni-Danube que je vais retrouver a Győr, je ne pensais pas me retrouver si vite parmi les Hongrois. Quand la dame a dit "szoba" au lieu de "izba" pour chambre, j'ai compris que mon voyage parmi les Slovaques n'aura dure que 4 jours. Et encore, a Bratislava, il devait y avoir au moins la moitie de touristes etrangers et de minorites des pays alentour. Sans generalisation abusive, j'aime beaucoup leur temperament latin allie au caractere slave ; "je reviendrai, je le promets" Luke Skywalker - SW ep 5. Cela dit, je suis toujours en Slovaquie, les quelques mots que je prononce sont slovaques - sinon, l'allemand est plutot bien compris - mais j'ai vite pris le guide de la Hongrie pour leurs histoire, culture et ... langue.
Dans un piege a touristes, j'ai paye le double du prix d'une chambre, ca m'apprendra a ne pas vouloir negocier.
Gabcikovo, le 14/05
La balade effectuee aujourd'hui est a l'image de celles que j'imaginai en Bulgarie ou Roumanie : la recherche du Danube au milieu de zones portuaires sous un soleil de plomb et sans une once d'ombre, je crains pour la suite. Cette etape fut destinee au barrage de Gabcikovo qui fut au depart un projet commun entre la Tchecoslovaquie et la Hongrie avant de devenir le fer de lance de l'economie de la toute jeune Slovaquie. Entre-temps, les Hongrois s'etaient apercu de la catastrophe ecologique qu'il allait provoquer et avaient arrete les travaux. Le Danube qui sert de frontiere entre les deux pays a ete detourne et canalise sur 25 kms, perdant 90 a 95% de son eau, les nappes phreatiques sont tombees de 2 a 3 m et les poissons morts dans la boue. Ce desastre provient donc de la volonte slovaque de s'affirmer apres les revolution et divorce de velours en 89 et 92, et vient s'ajouter a la longue serie de discordes entre Slovaques et Hongrois dont l'origine remonte a 907 et la conquete de la Grande Moravie par les Magyars. J'ai ainsi vu l'impressionnante difference de niveau entre les ecluses puis descendu les enormes digues et la, enfin a l'ombre, mais en milieu humide donc assailli par les moustiques et autres insectes voraces, j'ai decouverte les restes du Danube sous la forme d'une foret humide assez exotique. Arrive au bord d'un de ces nombreux bras danubiens que j'ai confondu avec le fleuve principal, mais encore une fois, sans carte, c'est plus difficile, j'ai admire cet environnement magique tout droit sorti de la Comte bien qu'ayant perdu en biodiversite et constratant tellement avec ce monstre de beton construit en parallele.
Au restaurant, un Hongrois slovaque, ou l'inverse, m'a compte un pain en plus, le prix de la biere la plus chere et ne m'a pas signale mon erreur sur les pieces que je lui ai donnees. Resultat de l'arnaque... 0,3 cent d'euros. Bon, ca va pour cette fois. Pourtant, je lui avais donne 15% de pourboire. Deux fois en deux jours, ce n'est pas suffisant pour qualifier d'escrocs les Hongrois de Slovaquie. Je vais quand meme essayer de faire attention par la suite.
Győr, le 15/05
Mon plan, ce matin, etait assez vague, mais avait un but : Győr et la Hongrie. Mon copain au restaurant m'avait indique qu'il y avait des bus pour Medvedov, prochain pont pour la Hongrie, a 5, 7 et 9h. Ne lui faisant pas une confiance absolue, je fais comme je l'entends et me pointe a l'arret de bus a 7h40, me preparant a attendre des heures (je savais quand meme qu'il y en avait un a 11h24). Le bus convoite arrive 5 mn plus tard. Formidable. Je remercie ma chance et le definitif foutage de gueule de mon ami. Arrive a Medvedov a 8h, je vois Győr indique a 12kms, puis 100 m plus loin, a 11 kms. Genial, ca defile vite, a ce train-la, j'y suis dans 10 mn. Seulement, faute d'avoir bien observe les routes et le pont dans le car, j'ai pris l'itineraire pour voitures et du faire 2kms pour me retrouver aux abords du pont a... 300 m de mon arret de bus. Et en plus, il y avait un chemin pour pietons, alors que j'ai du marcher le long de la nationale frolant la mort a chaque paasage de camion. Mais la suite ne fut pas plus simple. Etant sur, cette fois, de mon chemin, je m'engage sur la premiere partie du long pont qui devait me conduire en Hongrie, rassure que j'etais par la presence d'un espace pour pietons. La deuxieme partie me permis de franchir le Danube. Le probleme se presenta apres un troisieme pont quand le passage pour pietons disparut et me laissait dans une configuration de route nationale avec rembardes au bord des voies et les mains pour prier. J'avais aussi la possibilite deprendre un escalier recouvert de hautes herbes qui m'emmenait au pied du pont parmi les arbres et les marecages danubiens. Vous ne le croirez peut-etre pas, mais j'ai hesite. Le flux des camions n'etant pas tres intense et la presence reguliere de ponts m'offrant un abri relatif me deciderent a poursuivre. Je franchis ainsi le reste de la frontiere, courrant entre deux ponts et faisant en sorte que cela coincide avec l'intervalle entre deux vehicules. A enlever du livre : cela dit, j'exagere legerement puisque je n'ai pas courru et qu'il y avait un espace herbeux au bord de la voie me permettant ainsi de ne pas marcher sur la route. Je m'appretais egalement a me faire intercepter par la douane ou la police, ne sachant meme pas si j'avais le droit de me trouver la. Parvenu a la fin de ce km d'emotion, je trouvai un chemin lateral qui contournait la douane et me mettait a l'abri pour le moment. Voyant trois douaniers de l'autre cote des broussailles, je fis mine d'etre emerveille par le poteau electrique situe en face, m'attendant a entendre d'un instant a l'autre : "sztop". Rien ne se passa, je continua tranquillement mon trajet, puis, quelques minutes plus tard, un peu perdu, je fus aiguille par un sympathique agent de la securite qui m'indiqua la sortie du chantier sur lequel je me trouvais. Je repris donc la route nationale, avec un peu plus de place pour evoluer, et vis que Győr se situait a 12 kms. Je venais d'en faire au moins trois et je n'avais pas avance. A ce train-la, j'y suis dans une quantite de minutes tendant vers l'infini. Comme quoi, les projections... Ou alors les kms hongrois sont differents de leurs homologues slovaques. Bref, un peu decourage, je dus rapidement consentir a un arret benefique pour mes epaules et ma vessie. En reprenant la route, je decida de tenter l'autostop mais du attendre... 40 secondes, la troisieme voiture s'arretant sur le cote. Decidemment, cette journee s'annoncait bien. Le monsieur etait musicien, sa fille passait son matura (bac), et ils me conduisaient a ma destination de la journee avant meme l'heure de depart initial de Gabcikovo. Et comme tout allait bien, je retira 25 000 forints.
Győr, le 16/05
Györ (prononcer Dieur) est tres jolie, on ne peut pas dire le contraire. Mais les eglises baroques, les palais Art Nouveau et les remparts du 18eme, j'ai deja fait. Preuve que l'Autriche et la Hongrie furent bien un meme pays pendant longtemps. Il n'en reste pas moins que la Hongrie est tres particuliere a l'image de sa langue. Je vais avoir qq semaines pour appronfondir ce pays.
Komarno, le 17/05
Retour en Slovaquie du sud ou je dois decidement avoir un mauvais feeling puisqu'ils ont passe a fond et en boucle le cd du Patrick Sebastien local. A part ca, c'est surprenant et pas uniquement pasque quand je parle slovaque aux trois quarts de Hongrois, ils ne comprennent pas et quand je parle hongrois au quart de Slovaques, il parait vexe. Je marchais le long des immeubles dans le plus pur style architectural communiste, qui en plus etaient bien delabres, et je me disais que, contrairement a ce que m'avait dit le groupe de motard rencontre a Bratislava, ca ne pouvait pas etre plus pauvre plus a l'est. Sauf que 15 minutes plus tard en bordure de la ville, je me suis retrouve pres de taudits que l'on ne voit habituellement que dans les films, des voitures demontees, des immeubles tenant a peine debout, des enfants jouant a meme la terre et le tout au milieu de ce que l'on pourrait aisement qualifier de decharge d'ordures. Et la, je me suis dit, qu'en depit de cette extreme pauvrete, on pouvait certainement trouve pire, comme des bidonvilles abritant dix fois plus de monde, et ca, je ne sais si je vais le rencontrer. Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est qu'en centre-ville, on trouve la toute belle place de l'Europe avec sa quarantaine de maisons represenatnt chacune l'architecture d'un pays, cette fois-ci dans le plus pur style Disneyland. On fait 100 m, on tombe dans une cite Stalinienne ou chaque entree d'immeuble n'est differenciee que par un blason representant un corps de metier ouvrier, et 100 m plus loin, on trouve ces campements moyenageux de ce qui doit etre des Roms. Ahurissant, je ne sais pas comment on a fait pour en arriver la. Pour finir, tout ca est entoure de remparts ayant servi contre les Barbares, les Turcs, Napoleon, dans le style Vauban mais sans commune mesure avec ce que l'on peut connaitre, on peut facilement multiplier les dimensions par 10, de sorte qu'ils entourent vraiment toute la ville (on en fait le tour en 4 heures, j'ai teste) et font de Komarno la plus grande forteresse d'Europe.
Sturovo, le 18/05
Derniere ville slovaque de mon voyage. Il faudra un jour que je comprenne pourquoi les si nombreuses barres d'immeubles presentes en Slovaquie sont absentes de Hongrie. Est-ce du au particularisme hongrois et donc a une certaine prise de recul par rapport aux doctrines communistes ou tient-ce de la richesse inherente a cet ancien empire ? Un peu des deux, je pense. A l'heritage de l'empire Austro-Hongrois dont les nombreux chateaux, palais ou cathedrales en sont les temoins, et surtout dans cette partie nord - il ne faut pas non plus oublier que si la Hongrie fut longtemps sous domination Autrichienne, elle tint ce meme role de pays dominateur sur les autres peuples dont les Slovaques, a cet heritage, donc, vient s'ajouter l'ouverture progressive a l'economie de marche dans les annees 70 - lors de la chute du mur a Berlin, le rideau de fer etait deja tombe depuis 3 mois entre l'Autriche et la Hongrie. Il en resulte que le Danube apparait comme une vraie frontiere d'architecture et de developpement, comme ici entre Sturovo et Esztergom.
PS : bon anni Clara, profite, on n'a pas tous les jours un an.
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