Les chemins de Saint-Jisse | |
Linz-Krems
12:12, 2/05/2007
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Linz, le 26/04
A Linz, le Danube s'élargit pour nous inviter à une halte dans cet ancien camp romain (Lentia) et cette ancienne place forte du 15 eme siecle dont le chateau et les multiples cours, tours, remparts nous permettent d'admirer le lacet danubien en contre-bas. C'est surtout une ville à vivre pour ses Biergarten (litteralement, jardins de bière), sa vie culturelle et ses musées (notamment celui consacré au multimédia. De tout ca je n'ai rien fait paralysé par le spectre de l'intolérance. Celle du passé à Linz, Hitler y a vécu la moitié de sa vie, celle du futur en France et celle que j'affronte demain au camp de concentration de Mauthausen.
Mauthausen, le 27/04
Premier camp de concentration visité, Mauthausen surplombant le Danube et ses maisons multicolores, et offrant une vie dégagée sur les Alpes Autrichiennes : plus de 120 000 morts, et dans quelles conditions. Ce n'est pas tant le lieu qui est important, des camps, il y en avait partout, rien que sur mon trajet, j'en ai croisé une dizaine sans le savoir. Ce qui frappe, c'est le monument, ses infrastructures et son organisation. Du beau boulot ; le camp, par sa construction et sa mise en forme touristique, se rapproche se rapproche de n'importe quel chateau que l'on peut visiter, et sa gestion est la parfaite mise en application des meilleures théories économiques et industrielles : logistique, tracabilité, rationalisation, meme si je pense qu'il aurait été plus rentable de les nourrir un peu plus que de les écraser sous des blocs de pierre. Et mis à part quelques moments difficiles comme l'exposition des effets personnels des victimes (moi, ce sont leurs chaussures qui m'ont fait réaliser l'horreur de la situation) ou la description des traitements subis par les mères et les nouveaux-nés, mis à part deux ou trois passages délicats donc, c'est très supportable, surtout si l'on ne comprend pas l'allemand et qu'il y a un groupe d'Italiens à vos cotés. Beaucoup disent que de tels événements et leurs rappels à travers des monuments mémoriaux ont un effet pédagogique. Soit. On peut penser qu'Europe, on a vécu l'extermination de 6 millions de Juifs, en Asie, il y a eu la période Khmers Rouges, et qu'en Afrique, il connaissent les génocides Rwandais et Soudanais. Et quand il y aura des monuments pour tout ca et qu'on aura écrit partout en gros "plus jamais ca", tout le monde sera gentil. Ou alors, on s'interroge sur ce qu'on a vécu depuis la découverte des camps de concentration : l'Indochine, l'Algérie, l'Irak... et autant de tortures et d'extermination en tout genre. C'est un peu comme dans un bon vieux film avec un gentil bien gentil et un méchant très méchant, qu'on soit pro-occidental ou pro-russe, juif ou arabe, capitaliste ou communiste, chiite ou sunnite, on est tous du coté du gentil. Sauf qu'on a tous une raison de dire que le méchant c'est l'autre et donc de l'exterminer pour une cause que l'on croit juste. Alors ce "plus jamais ca", qu'on l'écrive, c'est bien, mais il faut surtout qu'on le fasse tous, individuellement. Et moi, je m'engage à ne pas tuer Sarkozy s'il devient dictateur.
Grein, le 28/04
Citation : "Le reve ne doit pas etre un oubli", de JC.
Après Mauthausen, le Danube prend ses aises, les montagnes lui ouvrent les portes de la plaine. Pour peu de temps. Dès Grein en effet, on revient à mon environnement le plus significatif : les montagnes, terres fermes et rassurantes, jugulent le fleuve, instable et sournois. N'ai-je pas raison de craindre cet élément dans lequel il est si difficile de se mouvoir ? Cet élément qui cache plus qu'il ne montre (env. 8 m de profondeur), cet élément opportuniste, pret à s'engager dans la moindre faille et incapable de se maitriser. Cet élément égoiste et destructeur, capable des plus grandes catastrophes naturelles (l'eau est montée au niveau du deuxième étage en 2002). Mais cet élément est vital et c'est ce qui lui donne son pouvoir. Pouvoir sur les reliefs, sur l'agriculture, sur l'industrie, sur les hommes, sur la vie. Et en dépit de ce pouvoir, il ne peut se répartir de facon homogène, il ne fait que suivre la résultante des facteurs influents. Il est faible. Comme tout etre subissant son besoin de pouvoir.
Ai fait deux parcours fléchés en montagne et divisé le temps indiqué par deux. Ca va, mon genou va mieux.
Melk (Pöverding), le 29/04
Sachant que Pöchlarn avait deux entrées au routard (au contraire de Grein, aucune et pourtant charmant), sachant que la vallée reprenait sa forme en V sympatique et que l'on était dans la Niebelungengau, je m'arrète à Klein-pöchlarn sur la rive nord, plein d'espoir. Telle ne fut pas ma déception de constater que les montagnes avaient disparu. Mais je persévère, je fais 3 km pour rejoindre le pont (avec en passant un chemin en colimacon très rigolo), traverser le Danube et arriver à Pöchlarn. Rien qui m'incite réellement à rester, étant toujours sur ma déception. Par ailleurs, je prends conscience que le passage d'une rive à une autre devient compliqué ; il existe par exemple deux lignes de chemin de fer parallèles et de chaque coté du Danube, il va donc falloir que je choisisse mon coté. Deux heures plus tard, me voici à Melk, dans la Wachau. Pas franchement plus engageant : les montagnes sont loin, les touristes débarquent en cars et les chambres disponibles se font rares. J'en trouve une à 3 km, et après une dizaine de bornes avec mes deux sacs, je me dis que je peux difficilement faire plus.
Spitz, le 30/04
OK, la Wachau (prononcer Varao), c'est pas mal. Pas deux montagnes qui canalisent le fleuve, mais une multitude de hautes collines très proches recouvertes de vignes et au milieu coule le Danube. Et Spitz est une parfaite représentation du village typique. Il se rapproche de nos villages du sud-est, tout en pente, bordé de vignes, moyenageux, et avec le Danube à ses pieds, ca vaut le déplacement. J'avais envie de dire que la partie Passau-Linz était plus jolie, mais disons qu'elle est plus sauvage, impressionnante, reposante et moins éclatante, variée, humaine. Il faut dire qu'à Spitz, je n'avais pas sitot poser le pied à terre qu'on m'invitait à boire un coup. Bon, un de ces mélanges vin blanc-eau pétillante sans gout dont les descendants des romains à tendeance germaine ont secret, mais c'était sympatique et pour le moins inattendu. J'ai meme refuser un deuxieme coup pasque je le voyais bien parti, le monsieur, à faire la tournée des bars du village. A signaler la présence d'un chateau en ruines de type 15eme sur un piton rocheux surplombant le Danube. Fabuleux. La vue, déjà, et le batiment, tout en pente, minuscule, sur 5 ou 6 étages, les murs bien conservés, plein de petites pièces, de recoins, de passages, d'escaliers et d'ouvertures. De quoi s'amuser une journée entière, j'y ai juste déjeuné sur l'herbe.
Dürnstein, le 1/05
Très joli, petite ville entourée de remparts et au milieu d'un S du Danube, et comme Spitz, entourée de vignes et de collines. Seulement, le nombre de touristes en fait perdre tout son charme. Les ruines du chateau où fut emprisonné Richard Löwenherz n'ont aucun intéret et l'abbaye doit etre la 10eme que je croise le long du Danube. Alors je me suis éloigné, dans les montagnes et en aval du fleuve.
Les fumeurs sont sales, ils jetent leurs cigarettes et leurs paquets partout. Vous avez déjà vu des paquets de cigarettes jetés par des non-fumeurs ?
Ils sont gentils au routard, ils se représentent par un homme marchand avec un sac à dos, mais visiblement, ils ont tout fait en voiture.
Ce qui est rigolo, c'est les gens se déplacant en voiture et se plaignant du bruit et de la pollution provoqués par ces memes voitures. Un peu comme les touristes maudissant le nombre de visiteurs.
Krems, le 2/05
Entrée dans un monde de type Renaissance.
Depuis quelques jours, il fait vraiment frais, surtout à cause du vent. Je ne m'imagine pas comment j'aurais eu froid s'il avait fait moins beau. Mais j'ai un vrai problème, soit je me mets au soleil et je suis bien sauf que je suis allergique à ce soleil, soit je me mets à l'ombre et j'ai froid. Un vrai problème vous dis-je. Il faut dire que je suis remonté en lattitude. Ensuite, je descenderai sans interruption vers le sud, doucement jusqu'à Bratislava, plus franchement ensuite, avant, en Hongrie, de faire complètement face à l'équateur.
Krems, le 3/05
Avec sa petite soeur Stein accollée, ce sont deux bijoux de cette fin de Wachau. A flanc de collines avec des vallons ici et là, peuplées de maisons très diverses à tendeance Renaissance et de très nombreuses églises, elles nous laissent sans cesse admirer un passage, un escalier, une cour, une place, un coteau de vignobles et leurs fortifications si bien conservées.
PS : au fait, bon anni à Marie et à Samson que j'ai oubliés, mais celui-ci, du haut de son an, ne doit pas trop le remarquer, et à mes cousines Sophie et Valérie qui a le droit à toutes les fraises du jardin. PS2 : je rappelle que j'ai changé de mail, gmail maintenant, gmail. Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 50 sur 79 } { Page suivante } |
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