Les chemins de Saint-Jisse | |
En avant
11:48, 1/03/2007
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Je marche vers l’horizon, le futur. On m’a demandé pourquoi je ne faisais pas le trajet inverse, c’est-à-dire de l’embouchure, qui est un delta by the way, jusqu’à la source. Pasque ce serait un retour et non pas le départ auquel j’aspire ; pour moi, ce chemin ne rime à rien. Avez-vous lu l’histoire de la petite fille d’Hypérion qui rajeunit tous les jours ? Ah ! Rajeunir chaque jour… La vue même de ces mots nous fait rêver. On entend encore souvent « no one’s getting any younger » (ndlt : « on ne rajeunit pas »). Cependant, cette histoire fut peut-être la plus triste que j’ai lue, espérant à chaque phrase que la vie de cette malheureuse reprenne son cours normal. Pasqu’elle est antinaturelle et profondément nihiliste. Cette lente désagrégation des liens tissés, ce désapprentissage constant, ce retour vers le néant, tout ça est désespérant. Ça m’a fait prendre conscience que le cours de notre existence ne pouvait qu’aller vers l’avant comme celui du Danube. Je marche vers l’horizon, le futur, la mort. Et je préfère ça au chemin absurde et destructeur qu’est celui vers la naissance. Ainsi, je vais mourir en septembre, quelque part en Ukraine, vers Yalta où est né le monde d’aujourd’hui. En quelque sorte, notre vie est la force telle qu’on l’apprend en cours de physique de seconde, avec une origine, une direction, un sens et une intensité. On n’a pas le choix dans le premier paramètre, alors agissons sur les autres. Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 73 sur 79 } { Page suivante } |
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